On configure un client de messagerie sur un nouveau poste, on renseigne le serveur IMAP, le port, l’adresse mail, puis vient la case « mot de passe ». Et là, le doute s’installe : faut-il saisir le mot de passe du compte de messagerie, un code généré à part, ou autre chose ? La réponse dépend du fournisseur et de ses règles d’authentification. Voici comment localiser le bon mot de passe IMAP selon votre situation.
Mot de passe IMAP et mot de passe de messagerie : pas toujours le même
Dans la plupart des cas, le mot de passe demandé lors d’une connexion IMAP est celui que vous utilisez pour vous connecter à votre webmail. Vous tapez votre adresse, votre mot de passe habituel, et le client de messagerie accède à vos mails.
Cette logique simple ne fonctionne plus dès que l’authentification à deux facteurs est activée. Les fournisseurs comme Apple (iCloud Mail), Google (Gmail) ou Microsoft (Outlook.com) bloquent alors la connexion par mot de passe classique dans les applications tierces. On se retrouve face à un refus d’authentification sans message clair, ce qui pousse beaucoup d’utilisateurs à croire que leur mot de passe a changé.
Pour comprendre le mot de passe IMAP dans ce contexte, il faut distinguer deux mécanismes : le mot de passe du compte (celui du webmail) et le mot de passe spécifique à l’application, généré depuis les paramètres de sécurité du fournisseur.

Mot de passe d’application : où le générer chez chaque fournisseur
Quand la double authentification est en place, le fournisseur exige un mot de passe spécifique à l’application pour autoriser la connexion IMAP. Ce mot de passe est une chaîne unique, souvent composée de caractères aléatoires, qu’on ne choisit pas soi-même.
iCloud Mail (Apple)
Apple impose un mot de passe d’app dès que l’authentification à deux facteurs est active sur le compte Apple. On le génère depuis les réglages du compte Apple, dans la section « Mots de passe pour les apps ». Le nom d’utilisateur IMAP correspond généralement à la partie avant l’arobase de l’adresse iCloud.
Un point à retenir : modifier le mot de passe principal du compte Apple révoque tous les mots de passe d’app existants. Après un changement de mot de passe, il faut donc en créer un nouveau pour chaque client de messagerie configuré en IMAP.
Gmail (Google)
Google a progressivement restreint l’accès par mot de passe simple pour les applications tierces. Si la validation en deux étapes est activée, on génère un mot de passe d’application depuis les paramètres de sécurité du compte Google. Sans cette validation, Google peut aussi proposer une connexion via OAuth, qui ne demande aucun mot de passe à saisir manuellement dans le client.
Outlook.com et comptes Microsoft
Microsoft a déployé la prise en charge d’OAuth pour plusieurs types de comptes, y compris les comptes Yahoo connectés via Outlook. Le déploiement sur le canal actuel a été achevé le 2 août 2023. Avec OAuth, on se connecte via une fenêtre de navigateur intégrée, et le client de messagerie ne stocke jamais le mot de passe en clair.
Pour les configurations manuelles qui n’utilisent pas OAuth, un mot de passe d’application reste nécessaire si la vérification en deux étapes est activée sur le compte Microsoft.
Paramètres IMAP à vérifier avant de saisir le mot de passe
Un mot de passe correct peut être refusé si les paramètres du serveur entrant sont erronés. Avant de remettre en cause le mot de passe, on vérifie trois éléments :
- L’adresse du serveur IMAP : chaque fournisseur a la sienne (imap.mail.me.com pour iCloud, imap.gmail.com pour Gmail, outlook.office365.com pour Microsoft 365, par exemple).
- Le port de connexion : la plupart des fournisseurs utilisent le port 993 avec chiffrement SSL/TLS. Un port incorrect provoque un échec silencieux ou un timeout, pas forcément un message d’erreur de mot de passe.
- Le nom d’utilisateur : selon le fournisseur, il peut s’agir de l’adresse complète ou uniquement de la partie avant l’arobase. Pour iCloud, c’est souvent la partie locale de l’adresse.
Un serveur SMTP mal configuré peut aussi brouiller le diagnostic. Le client affiche parfois une erreur globale d’authentification alors que seul le serveur sortant pose problème. On gagne du temps en testant séparément la réception (IMAP) et l’envoi (SMTP).

Que faire quand le mot de passe IMAP cesse de fonctionner
Un mot de passe qui marchait hier peut être refusé aujourd’hui sans qu’on ait rien modifié. Plusieurs causes reviennent régulièrement.
La première, déjà évoquée : un changement du mot de passe principal du compte. Chez Apple, cela invalide automatiquement les mots de passe d’app. Chez Google et Microsoft, le comportement varie selon que la connexion passe par OAuth ou par un mot de passe d’application, mais le résultat est souvent le même : il faut régénérer un nouveau mot de passe d’app après toute réinitialisation.
La deuxième cause concerne les mises à jour du client de messagerie. Microsoft a signalé des problèmes de compatibilité IMAP avec le nouveau Outlook pour Windows, encore en phase de développement. Des utilisateurs ont constaté que leur mot de passe était refusé après une mise à jour, sans modification côté serveur. Dans ce cas, supprimer la configuration du compte dans le client puis la recréer résout souvent le problème.
Troisième situation : le fournisseur a désactivé l’accès par mot de passe simple au profit d’OAuth. Si le client de messagerie ne prend pas en charge OAuth, la connexion échoue. On doit alors vérifier si une option « mot de passe d’application » existe comme solution de repli.
- Vérifier si l’authentification à deux facteurs a été activée ou modifiée récemment sur le compte
- Tester la connexion au webmail avec le même mot de passe pour isoler le problème
- Supprimer puis reconfigurer le compte dans le client de messagerie
- Générer un nouveau mot de passe d’application si l’ancien ne fonctionne plus
Le mot de passe IMAP n’a rien de mystérieux une fois qu’on identifie sa source. Pour les comptes sans double authentification, c’est le mot de passe du webmail. Pour les autres, c’est un mot de passe d’application à générer et à renouveler après chaque changement de mot de passe principal. Garder une trace de ces mots de passe d’app dans un gestionnaire dédié évite de recommencer la procédure à chaque nouveau client configuré.



